Carnets de Science #20
Carnets de Science #20
Carnets de Science #20
Carnets de Science #20
Carnets de Science #20
Carnets de Science #20

Carnets de science #20

Printemps / Été 2026
196 pages
Date de parution : 18/06/2026
198mm x 254mm
ISBN : 9782271160119
Dossier : Les sols, un monde sous nos pieds
Le téléscope Euclid éclaire le secteur sombre + Immunothérapie : ces cellules qui changent la donne + Les insectes du futur
Voir le sommaire complet

Galerie photo

Extraits

Femmes du Néolithique : une société au microscope

Femmes du Néolithique : une société au microscope

Par Marina Julienne

Nous voici au Ve millénaire avant notre ère, sur le territoire de la France actuelle, dans les premières sociétés agropastorales du Néolithique. C’est le moment où s’opère la transition entre un mode de vie de type chasseurs-cueilleurs et une économie de production agricole et pastorale. Quelle était alors la place des femmes ? Se déplaçaient-elles beaucoup ? Ou étaient-elles plutôt sédentaires ? Avaient-elles une activité physique différente de celle des hommes ? Et comment choisissaient-elles d’allaiter leurs enfants ?





Grâce au programme de recherche « WomenSOFar (Histoires de vie et place des femmes chez les premiers agropasteurs) », une équipe de bioanthropologues – associée à des généticiens, des archéologues, des archéozoologues et archéobotanistes, des géochimistes et des ingénieurs en statistiques et pratiques numériques – peut désormais répondre en partie à ces questions.





Gwenaëlle Goude, directrice de recherche au Laboratoire méditerranéen de Préhistoire Europe-Afriqueet coordinatrice du projet, explique : « Nous avons voulu explorer la place des femmes, non pas en tant qu’individus déterminés par un sexe biologique, opposées aux hommes, mais en tant que personnes ayant eu une histoire de vie, qui peut être mouvante (bébé, fille, femme et femme âgée) et complexe (union, mobilité, maladies, famines, etc.). » 


Euclid éclaire le secteur sombre Astronomie

Euclid éclaire le secteur sombre

Par Mathieu Grousson

« Les images sont mortellement belles, c’est incroyable ! », s’enthousiasme Nabila Aghanim, à l’Institut d’astrophysique spatiale1. Elle résume là le sentiment de la communauté qui s’affaire autour des données du satellite Euclid, conçu par l’Agence spatiale européenne (Esa), avec une très forte contribution du Centre national d’études spatiales (Cnes) et du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA).





Dans une ambiance de haute intensité, 1 500 spécialistes travaillent d’arrache-pied. En ligne de mire, le mois d’octobre prochain, quand ils et elles doivent livrer les résultats de la première grande analyse cosmologique d’une mission à nulle autre pareille.





« La tension monte, lâche Juan Macias-Perez, au Laboratoire de physique subatomique et cosmologie,et ce n’est que le début.» Celui d’une aventure scientifique hors norme dont l’objectif, à l’horizon 2030, n’est rien moins que percer l’une des plus grandes énigmes concernant l’Univers : pourquoi est-ce que son expansion s’accélère ? Voilà un mystère dont les scientifiques ignorent tout et que, faute de mieux, ils ont baptisé « énergie noire ».


Immunothérapie : ces cellules qui changent la donne Biologie

Immunothérapie : ces cellules qui changent la donne

Par Kheira Bettayeb

Le cancer reste la première cause de décès en France. À lui seul, il est responsable de plus d’un quart des morts, toutes causes confondues (27 %), selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). Depuis une dizaine d’années, un traitement de rupture contre cette maladie est en plein essor : les CAR-T. « Avancée majeure, cette thérapie permet de sauver des enfants et des adultes qui étaient autrefois condamnés, développe Sebastian Amigorena, directeur de recherche au CNRS et spécialiste de cette stratégie à l’Institut Curie, à Paris. À l’avenir, elle pourrait voir son champ d’application s’étendre et concerner plus de patients. »





Les CAR-T sont des cellules immunitaires de type lymphocyte T (catégorie de globules blancs impliqués dans les réactions de défense de l’organisme), d’où leur nom de Chimeric Antigen Receptor T-cells (lymphocytes T à récepteur antigénique chimérique). Ils sont disponibles en France depuis 2018. En pratique, les lymphocytes T sont prélevés dans le sang du patient. Puis un centre expert, souvent situé à l’étranger (Belgique, États-Unis…), insère dans ces cellules un ADN obtenu par génie génétique. Cet ADN code pour un CAR capable de cibler une molécule spécifique à la tumeur à traiter. Enfin, les CAR-T sont injectés au patient. De ce fait, souligne Sebastian Amigorena, « ce traitement est doublement personnalisé : au patient et à sa tumeur ».


L’IA traque le flou et le loup Enquête

L’IA traque le flou et le loup

Par Fabien Trécourt

« Des chiffres inquiétants »; « la situation est explosive»; «on vous cache tout»… Comme avant chaque scrutin, ce type de déclarations a envahi le Web à l’approche des élections municipales de mars 2026. Ni franchement vraies, ni clairement fausses, ni totalement inventées, ni précisément démontrables, elles s’appuient sur un lexique vague et subjectif. Et orientent la perception du public avant même qu’il dispose d’éléments factuels.





On peut souligner l’absence de source précise, le manque de contexte ou de recul sur les faits évoqués. Mais ces approches peinent à saisir ce qui se joue dans cette zone grise où, finalement, la véracité des énoncés compte moins que la façon dont ils sont cadrés et hiérarchisés.





« C’est précisément dans cet entre-deux, entre information et interprétation, que se situent les travaux de TrustedNews», souligne Paul Égré, coordinateur de ce projet de recherche et spécialiste de la philosophie du langage. Depuis 2019, ces travaux explorent différentes méthodes pour caractériser les zones de flou informationnel et leur influence dans les débats publics.


Une fleur sur le toit des Alpes Carnet de mission

Une fleur sur le toit des Alpes

Par Sébastien Lavergne

Nous sommes à la toute fin du mois de juin et je pars en quête d’une fleur très récemment découverte. Son nom : l’androsace du Dauphiné (Androsace delphinensis). Elle se reconnaît à ses fleurs blanches éclatantes et à son allure en forme de coussin. La première fois que j’en ai vu une, c’était en 2008, à 3 700 m d’altitude, sous la cime de l’Ailefroide occidentale, magnifique sommet du massif des Écrins (Hautes-Alpes). Mais je n’ai pas tout de suite compris qu’il s’agissait d’une nouvelle espèce.





C’est seulement en 2021, grâce au séquençage ADN réalisé au Laboratoire d’écologie alpine, à Grenoble, pour lequel je travaille, que nous avons montré qu’elle ne correspondait à aucune androsace connue. Nous avons eu le privilège de lui donner son patronyme d’androsace du Dauphiné. Découvrir une nouvelle plante est un peu le graal du botaniste. Depuis, j’essaie de cartographier sa présence dans les Alpes dauphinoises, région dont elle est endémique.





Je suis l’un des rares spécialistes sur la planète des fleurs qui poussent à très haute altitude. Aujourd’hui, 99,99 % des données scientifiques sur la flore concernent la plaine et la moyenne montagne. Alors, c’est sur ce monde quasi inconnu, au-dessus de 3 000 m d’altitude, que j’ai choisi de réaliser mes recherches.


Sommaire

Dossier

Les sols, un monde sous nos pieds

Anatomie d’un sol Marina Julienne Mille ans pour faire un sol Julie Degen La vie six pieds sous terre Mehdi Harmi Artificialisation : comment la terre récupère Sylvie Dauvillier Plastique, un poison dans le sol Thomas Allard Dépollution : la nature à la rescousse Irène Berelowitch Tensions souterraines Stéphanie Arc

Vivant
Matière
Sociétés
Univers
Terre
Numérique
Ingénierie
Préhistoire

Femmes du Néolithique : une société au microscope

Marina Julienne
Animaux

« Beaucoup d’animaux comprennent la mort »

Entretien avec Emmanuelle Pouydebat
Astronomie

Euclid éclaire le secteur sombre

Mathieu Grousson
Immunothérapie

Ces cellules qui changent la donne

Mehdi Harmi
Société

Avec les femmes du « Made in China »

Marina Julienne
Portfolio

La planète des insectes

Maxime Lerolle
Bonnes feuilles

Et le monde allait fleurir

Tiré de l'ouvrage Avant les fleurs - Enquête scientifique aux origines des plantes, de Yoan Coudert et Louise Joor
Portfolio

Atlantique, prendre la température des courants

Mehdi Harmi
Santé

Santé des femmes, le grand oubli

Grégory Fléchet
Santé

Le futur des implants médicaux

Julie Degen
Intelligence artificielle

L’IA traque le flou et le loup

Fabien Trécourt
Entretien

Régime de Vichy, comment sombre une démocratie

Entretien avec Laurent Joly
Carnet de mission

Une fleur sur le toit des Alpes

Sébastien Lavergne

Où trouver Carnets de Science

En ligne, dans votre boîte aux lettres, ou près de chez vous en librairie et point Relay.

Abonnement

Carnets de science, tous les six mois, un format qui permet à tous de s'affranchir de l'instantanéité de l'information pour approfondir des sujets de science.