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Carnets de science #6

Printemps / Été 2019
Dossier : Sport et Science : l'union fait la force
Valérie Masson-Delmotte, une voix pour le climat - Sur la trace des potiers de Pompéi - Enquête sur la douleur - Un autre regard sur l'Afrique
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196 pages
Date de parution : Mai 2019
198mm x 254mm
ISBN : 978-2-271-11682-6

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Extraits

Valérie Masson-Delmotte, une voix pour le climat

Valérie Masson-Delmotte, une voix pour le climat

par Philippe Nessmann
Pour arriver à faire tant de choses, certaines personnes doivent avoir un truc. Elles ne dorment pas la nuit. Ou bien leurs journées durent vingt-huit heures. Ou un feu sacré brûle en elles, leur interdisant de s’arrêter et de se reposer. La climatologue française Valérie Masson-Delmotte, lauréate de la médaille d’argent du CNRS 2019, est l’une d’elles. En décembre 2018, la célèbre revue scientifique Nature l’a classée dans sa liste des dix personnalités qui ont le plus compté en 2018. Son mérite : avoir mené à bien la rédaction d’un rapport sur les conséquences d’un réchauffement climatique limité à 1,5 °C, en agrégeant plus de six mille publications sur le sujet en un an et demi. Et cela tout en étant, à 47 ans, directrice de recherche au CEA, en ayant de hautes responsabilités au sein du Giec et en étant nommée membre du tout nouveau Haut Conseil pour le climat…Comment fait Valérie Masson-Delmotte pour mener toutes ces activités de front ? Son bureau au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE) livre peu d’indices. Sur les murs, des cartes des régions polaires. Dans un coin, un vélo électrique rouge. Accrochée sous la fenêtre, une vieille photo de vacances d’elle avec ses deux fillettes. Sur la table de travail, un ordinateur portable, un téléphone et six épaisses liasses de publications scientifiques reliées et annotées. « Ma lecture pendant les fêtes de fin d’année ! », s’amuse la climatologue. En fait, le début d’explication ne se trouve pas dans le bureau, mais dehors, de l’autre côté de la fenêtre, dans ce ciel bas où filent les nuages.« J’ai toujours aimé regarder les nuages. Enfant, je passais des heures à en observer les formes, jamais identiques ! » De son enfance à Nancy, elle garde le souvenir vivace de vacances en famille sous la tente, au contact de la nature. « C’était avant les jeux vidéo, à une époque où on avait le luxe de pouvoir s’ennuyer. » (…) 



Coquillages, les sentinelles des océans

Coquillages, les sentinelles des océans

par Gaël Hautemulle
Brest, à la pointe ouest de la Bretagne. Tout commence dans le Finistère. Depuis ce bout du monde avancé dans l’océan Atlantique, les chercheurs du Laboratoire international associé Benthic Biodiversity Ecology, Sciences and Technologies (LIA BeBest) partent régulièrement explorer les mers du globe, de l’île d’Ouessant au Maroc, de la Nouvelle-Calédonie à l ’Antarctique en passant par la Mauritanie. Leur quête est surprenante : ils sont à la recherche de mollusques bivalves de la famille des pectinidés. Notamment, les célèbres coquilles Saint-Jacques (Pecten maxi-mus) et leurs cousines, les pétoncles. Non par gourmandise, mais par soif de connaissances. Car depuis plus de vingt ans, ils ont découvert et démontré qu’il était possible d’utiliser ces animaux comme des archives environnementales.Température et salinité de l’eau, concentrations en oxygène ou en contaminants, état du phytoplancton dans leur environnement naturel… « Leur squelette externe, c’est-à-dire leur coquille, enregistre toutes sortes d’informations écologiques très utiles à la compréhension des écosystèmes côtiers », explique Laurent Chauvaud directeur de recherche au Laboratoire des sciences de l’environnement marin et coordinateur de BeBest. À la clé, des quantités de données très utiles pour reconstituer les climats du passé, suivre le réchauffement actuel mais aussi les épisodes de pollution. Avec un sens du détail inédit : aujourd’hui, les bivalves nous renseignent sur l’environnement marin avec plus de précision temporelle que les cernes annuels de croissance d’un arbre sur Terre, ou que les strates d’une carotte de glace pour les pôles !



Sur les traces des potiers de Pompéi

Sur les traces des potiers de Pompéi

par Laëtitia Cavassa

#01 – lundi 18 novembre 2018

Lorsque nous pénétrons ce matin sur le site de Pompéi, le parc archéologique n’est pas encore ouvert au public. Je retrouve donc le forum désert, surplombé par le Vésuve. Le Vésuve… principal acteur de notre aventure, dont l’éruption en l’an 79 de notre ère a enseveli Pompéi et ses habitants et en a fait le document majeur sur l’Antiquité romaine.Cela fait déjà quatorze ans que je participe à des missions ici. Mais l’émotion reste la même. Déambuler dans les rues, passer devant les maisons et les boutiques me laisse toujours une sensation aussi forte que difficile à décrire. Selon les saisons, les couleurs changent et le Vésuve se couvre parfois de neige. Pas ce matin…Je guette sur leur visage les impressions de mes compagnons pour cette mission : Aurore Lambert1, anthropologue, qui est une habituée des lieux, ainsi que Lionel Roux, photographe pour le Centre Camille-Jullian, André Desmarais2, spécialiste en sciences judiciaires, et Pascale Desmarais, pour lesquels il s’agit de la première mission dans ce lieu mythique. Que viennent faire les sciences judiciaires à Pompéi ? Tout simplement contribuer à une enquête scientifique de longue haleine, que je mène sur les ateliers de potiers. Cette campagne-là est précisément dévolue aux potiers : qui sont-ils ? Nous le saurons grâce aux empreintes digitales laissées sur les vases qu’ils ont tournés ou moulés il y a près de deux mille ans. J’en ai conscience depuis des mois, mais je réalise vraiment ici que cette mission marque l’une des dernières étapes de ma recherche sur les ateliers de potiers à Pompéi commencée en septembre 2012, lorsque j’étais en poste au Centre Jean-Bérard3 de Naples. Ce laboratoire du CNRS, créé il y a plus de cinquante ans, développe depuis les années 2000 un programme de recherches consacré à l’artisanat et l’économie dans la cité antique, mis en place par Jean-Pierre Brun, ancien directeur du Centre Jean-Bérard, aujourd’hui professeur au Collège de France.En tant qu’archéologue, spécialisée dans l’étude de la céramique antique, j’étudie les objets en terre cuite que nous mettons au jour lors des fouilles : je dois déterminer leur type (bol, marmite, pot…), leur origine géographique, leur datation… mais



Sommaire

Dossier

Sport et Science : l'union fait la force

Le sport, miroir de nos sociétésPhilippe Testard-VaillantBon pour la santé : c'est prouvé !Anaïs CulotInnover sur tous les terrainsLéa Galalopoulo et Martin KoppeJO 2024 : décrocher les médaillesEntretien avec Christophe Clanet Des algorithmes pour dépister le dopageVahé Ter Minassian

Vivant
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Biologie

Enquête sur la douleur

Par Laure Cailloce
Environnement

Coquillages, les sentinelles des océans

Par Gaël Hautemulle
Histoire

Le CNRS, 80 ans d’histoire – épisode 1/2

Par Denis Guthleben
Entretien

Les migrations, à rebours des idées reçues

Entretien avec François Héran par Laure Cailloce
Point de vue

Nos souvenirs, c’est pour la vie !

par David Riccio et Pascale Gisquet-Verrier
Portfolio

Portfolio : La face cachée de la pollution plastique

Entretien

Un autre regard sur l'histoire de l’Afrique

Entretien avec François-Xavier Fauvelle par Fabien Trécourt
Climatologie

Valérie Masson-Delmotte, une voix pour le climat

Par Philippe Nessmann
Énergie

Le solaire brille déjà

Par Anne-Sophie Boutaud
Portfolio

Portfolio : Au pic du Midi, la tête dans les étoiles

Par Laure Cailloce
Physique

L’impossible modélisation de la société

Entretien avec Pablo Jensen par Mathieu Grousson
Environnement

En Arizona, la Terre sous cloche

Par Anaïs Culot
Bonnes feuilles

Bonnes feuilles : Au cœur du vivant

Par Nicole Le Douarin
Paléontologie

« Je me souviens »

Par Pierre Hantzpergue
Entretien

Gérard Noiriel, pour une histoire sociale

Propos recueillis par Lydia Ben Ytzhak
Point de vue

Les sucres, matériaux du vivant

Par Anne Imberty et Serge Pérez
Carnet de mission

Sur la trace des potiers de Pompéi

Par Laetitia Cavassa

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