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Carnets de science #2

Printemps/Eté
Dossier : Les richesses de l’océan
Enquête : Néandertal réhabilité - Rencontre : Un Nobel au pays des atomes - Mission : Vol de nuit vers Orion - Portrait : Barbara Cassin, le pouvoir des mots - Environnement : Mais où sont les abeilles ?
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237 pages
Date de parution : 15 février 2017
130mm x 200mm
ISBN : 978-2070128649

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Extraits

Néandertal, le cousin réhabilité Paléoanthropologie

Néandertal, le cousin réhabilité

En mai 2016, dans la grotte de Bruniquel (Tarn-et-Garonne), des chercheurs ont daté à 178 000 ans environ des vestiges humains qui constituent la plus ancienne preuve d’occupation des grottes par l’Homme, en l’occurrence les premiers Néandertaliens. Leur découverte remet en cause l’image de Néandertal qui a prévalu jusqu’alors.

par Yaroslav Pigenet
En mai 2016, dans la grotte de Bruniquel (Tarn-et-Garonne), des chercheurs ont daté à 178 000 ans environ des vestiges humains qui constituent la plus ancienne preuve d’occupation des grottes par l’Homme, en l’occurrence les premiers Néandertaliens. Leur découverte remet en cause l’image de Néandertal qui a prévalu jusqu’alors.   Il y a un an à peine, la publication d’une lettre dans la revue Nature suscitait un certain émoi dans la communauté des préhistoriens. La raison ? On venait de dater à près de 178 000 ans des constructions manifestement d’origine humaine réalisées à partir de stalagmites brisées et rassemblées dans la grotte de Bruniquel, dans le Sud-Ouest de la France. « D’un seul coup on a reculé d’à peu près 130 000 ans l’appropriation du monde souterrain par l’humanité », explique Jacques Jaubert, professeur de préhistoire à l’université de Bordeaux au sein du laboratoire Pacea – De la préhistoire à l’actuel : culture, environnement et anthropologie, et premier auteur de la découverte. Et il est vrai que jusqu’alors, les plus anciennes visites humaines de grottes avérées en Europe remontaient à 42 000 ans au maximum, la grotte Chauvet et ses fresques étant datées de 36 000 ans. « Cette découverte a complètement bouleversé nos paradigmes car auparavant, pour la plupart des spécialistes, les grottes et leur exploration étaient le monopole de nos congénères Homo sapiens, poursuit le chercheur. Or, la datation obtenue prouve que celui qui a exploré et aménagé Bruniquel ne peut être que l’homme de Néandertal. » C’est en effet le seul membre de la famille humaine à avoir occupé l’Europe entre 450 000 et 40 000 ans avant aujourd’hui. « La découverte de Bruniquel est exceptionnelle, confirme Bruno Maureille, directeur de recherche au CNRS et paléoanthropologue au Pacea. Elle ouvre des perspectives inédites sur les comportements de Néandertal. » On pourrait s’étonner que des spécialistes s’enthousiasment d’avoir prouvé que celui qu’on a longtemps – et assez péjorativement – qualifié d’homme des cavernes… en était bel et bien un. En vérité, Bruniquel démontre bien plus qu’un simple passage de Néandertal dans les grottes. (...)



La mer, avenir de l’homme Océanographie

La mer, avenir de l’homme

Touché de plein fouet par le changement climatique, la surpêche et autres activités humaines, l’océan change à grande vitesse. Or il permet la subsistance de milliards de personnes et recèle peut-être les sources d’énergie et les médicaments de demain. Les scientifiques se mobilisent pour multiplier les études sur les flots, avant qu’il ne soit trop tard.

par Léa Galanopoulo
Touché de plein fouet par le changement climatique, la surpêche et autres activités humaines, l’océan change à grande vitesse. Or il permet la subsistance de milliard de personnes et recèle peut-être les sources d’énergie et les médicaments de demain. Les scientifiques se mobilisent pour multiplier les études sur les flots, avant qu’il ne soit trop tard.   L’océan est le thermostat de notre planète. Foyer d’une incroyable biodiversité, bordant la majorité des villes, il constitue pour l’humanité une source importante de son alimentation et, demain peut-être, de son énergie. C’est peu dire que l’océan est appelé à jouer les premiers rôles dans les décennies à venir. Et pourtant, il demeure encore et surtout un grand inconnu. Difficile en effet de cerner un tel colosse, vaste de plus de 360 millions de kilomètres carrés et profond de 4 kilomètres en moyenne, régi par des phénomènes complexes eux-mêmes perturbés par l’action des hommes. « Nous sommes tellement loin de bien connaître l’océan que, à chaque expédition, nous découvrons toujours quelque chose de nouveau », raconte Sabrina Speich, professeure d’océanographie physique et sciences du climat au Laboratoire de météorologie dynamique (LMD) de l’Institut Pierre-Simon Laplace (IPSL). « Pensez-y : nous ne connaissons pas encore bien ce qui se passe à la surface, qui est pourtant observable par satellite et plus facile d’accès par les planeurs, les flotteurs ou les navires d’opportunité. » Ces derniers sont des navires scientifiques, à l’instar de la goélette Tara, qui partent en mer spécialement pour étudier des paramètres donnés des océans. Depuis une quinzaine d’années, de nouveaux outils d’étude permettent de mieux comprendre le fonctionnement des mers, et notamment leur rôle dans la régulation climatique. Il y a quelques semaines, Sabrina Speich a ainsi embarqué à bord de l’expédition océanographique SAMBA/SAMOC pour tenter de mieux comprendre « comment la machine océan régule notre système climatique ». (...)



Vol de nuit vers Orion Carnet de mission

Vol de nuit vers Orion

En février, l’astrophysicien Oliver Berné a séjourné pendant une semaine sur la base de la NASA de Palmdale, en Californie. Sur des vols en haute altitude, la nuit, il a pris des images de la grande nébuleuse d’Orion grâce à un télescope de 2,5 mètres. Les images obtenues seront analysées et rendues publiques en octobre 2017. L’objectif est d’aboutir à la réalisation d’une carte inédite de la nébuleuse. Pour Carnets de science, le chercheur raconte cette mission spéciale. Attention, embarquement immédiat pour les étoiles...

par Olivier Berné et Nicolas Baker
En février, l’astrophysicien Oliver Berné a séjourné pendant une semaine sur la base de la NASA de Palmdale, en Californie. Sur des vols en haute altitude, la nuit, il a pris des images de la grande nébuleuse d’Orion grâce à un télescope de 2,5 mètres. Les images obtenues seront analysées et rendues publiques en octobre 2017. L’objectif est d’aboutir à la réalisation d’une carte inédite de la nébuleuse. Pour Carnets de science, le chercheur raconte cette mission spéciale. Attention, embarquement immédiat pour les étoiles...   #01 | Arrivée à la base de la NASA Apollo Avenue. Columbia Way. Lockheed Way. Les panneaux verts et blancs des rues rappellent que la ville de Palmdale a joué un rôle capital dans l’aventure aéronautique et spatiale états-unienne. À première vue, Palmdale semble pourtant n’être qu’un enchaînement de zones commerciales et de parkings. Je continue ma route à bord de la Dodge Charger que j’ai louée à l’aéroport de Los Angeles. Petit à petit, le défilé des enseignes franchisées laisse place à un paysage plus dégagé. La ville s’ouvre sur le désert des Mojaves, une vaste plaine aride ponctuée de yuccas. Je m’attends à voir passer un de ces buissons roulants, clichés des westerns. Bientôt, sur ma gauche je devine une base aérienne. Des avions, militaires pour la plupart, sont exposés à la vue de tous. Ils ont soit été construits ici, soit testés en vol par les pilotes de Palmdale. Un des engins attire particulièrement le regard : le Blackbird, un avion espion noir, effilé, furtif. Véritable avion-fusée, il volait à plus de trois fois la vitesse du son, trop vite pour être intercepté par les missiles soviétiques. C’est un avion d’un autre genre mais tout aussi surprenant qui m’attend quelques centaines de mètres plus loin. Un panneau indique l’Armstrong Air Base. Je tourne pour me rendre sur cette base aérienne de la NASA. À l’accueil, je suis photographié, badgé et autorisé à rentrer. Puisque je suis français, et comme pour toute personne étrangère, une escorte accompagne chacun de mes déplacements sur le site. Coral Clark, petite, blonde, la quarantaine, me guide dans l’impressionnant hangar de la NASA. Le bâtiment couvre 19 500 mètres carrés au sol soit, selon les unités journalistiques en vigueur, cinq terrains de football. « Ce hangar a servi au tournage du film Pirates des Caraïbes. Ils ont dû tout inonder ! », m’explique Coral. Nous sommes, il est vrai, à une heure de Hollywood par la route. Mais je ne suis pas venu aux États-Unis pour observer les stars dans les rues de Los Angeles. Je m’intéresse plutôt aux étoiles de la voûte céleste. Je me dirige donc vers l’entrée du hangar. (...)



Sommaire

Dossier

Les richesses de l’océan

La mer, avenir de l’hommeLéa GalanopouloLe royaume des virusNicolas BakerTéthys II, vigie de la MéditerranéeLaure CailloceLes mers ont des oreillesDaphnée LeportoisLes globicéphales ont-ils du nez ?Diaporama par Audrey Diguet et Cyril Frésillon
Vivant
Matière
Sociétés
Univers
Terre
Numérique
Ingénierie
Article

Néandertal, le cousin réhabilité

Yaroslav Pigenet
Entretien

Les puissances de l’espace. Entretien avec Isabelle Sourbès-Verger.

Guillaume Brionnet
Article

Résister aux virus informatiques

Charline Zeitoun
Article

Ces mystérieux séismes lents

Laure Cailloce
Point de vue

Réparer les corps élastiques

Pascal Sommer
Article

Enquête sur la disparition des abeilles

Laure Cailloce
Diaporama

Un manège pour la science

Diaporama par Marie Mabrouk et Christelle Mercier Pineau
Article

Comment vivent les Roms en France

Laure Cailloce
Entretien

De l’erreur de calcul à l’erreur judiciaire. Entretien avec Leila Schneps

Lydia Ben Ytzhak
Article

Dans les secrets de la combustion

Julien Bourdet
Article

Barbara Cassin, le pouvoir des mots

Francis Lecompte
Article

Dans le temple de la vision

Louise Mussat
Entretien

Jean-Pierre Sauvage, le seigneur des anneaux. Entretien avec Jean-Pierre Sauvage et Bruno Chaudret

Dominique Massiot
Extrait

Les habits neufs de l’antiterrorisme

Henry Laurens
Entretien

« La santé mentale est une question sociale ». Entretien avec Alain Ehrenberg

Francis Lecompte
Carnet de mission

Vol de nuit vers Orion

Olivier Berné

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